USA : De Jackson Hole à Yellowstone

En plein cœur du Wyoming au pays des vrais cowboys et du rodéo, Jackson Hole est LA station freeride des USA. Une des seules stations où le hors piste est totalement libre. C’est aussi dans cet état que le plus vieux parc national des Etats Unis et sans aucun doute le plus mythique est implanté : Yellowstone…

 

Jackson Hole est aussi un nom mythique pour tout rider qui se respecte. Qui ne connaît pas ce spot à travers les multiples vidéos américaines où la quête de la plus grosse barre est devenu le défi de bon nombre de « suicidaires » dont certains tellement connus que je ne les citerai pas ? Il faut dire que la configuration du terrain est propice à ce genre d’exploits. Premièrement la neige y est souvent abondante voire très abondante. Par son climat continental, il y fait froid sur de longues périodes et il y a de l’altitude. Deuxièmement on est aux Etats Unis, pas la peine de préciser que c’est le pays où tous les excès et les défis sont rencontrés !

 

Le plus haut sommet de la chaine est à quelques encablures de la station. C’est aussi un parc national qui porte son nom, le Grand Teton. Ses 4197 m imposent une vision magnifique notamment depuis la vallée de Jackson Hole où est implantée la station et d’où elle a tiré son nom. Plus au nord, pratiquement en continu c’est le parc de Yellowstone. L’attrait de la région tant en hiver pour la montagne que l’été pour le volcanisme et les animaux en fait un haut lieu touristique des Etats Unis.

 

Au niveau ski, Jackson Hole est une station que l’on pourrait presque caractériser comme « européenne ». Les remontées qui partent de Teton Village culminent à 3185 m au mont « Rendez vous ». La célèbre benne noire et rouge, elle, arrive à 2772 m. A partir d’ici tout est possible. Les zones de ski hors piste sont accessibles soit directement soit après un peu, voir beaucoup de marche car il n’y a pas de règlementation spécifique.

Il faut passer des « gates » qui indiquent que vous entrez dans une zone hors piste à vos risques et périls.

Ce qui caractérise Jackson Hole, ce sont les « bowls ». Le plus proche des remontées est le Cody Bowl. Ce sont en fait des cirques qui se suivent les uns les autres. Depuis le sommet de la benne il faut skier en ligne de crête puis, soit commencer à monter sur la crête du Cody Bowl, soit continuer la traversée vers les autres bowls. Jusqu’au troisième le retour à ski à la station par une traversée est encore possible après il faut faire du stop ou revenir à pied. Ces Bowls sont caractéristiques de la topographie du terrain. Une arrête plus ou moins escarpée avec en dessous un relief parsemé de combes puis de sapins et de barres rocheuses rouges. Les possibilités en hors piste sont énormes car on descend jusqu’au bas de la vallée et il suffit de se décaler un peu pour trouver des lignes très variées. Bien entendu il y a des barres rocheuses de toutes hauteurs ce qui explique aussi le fait de sauter toujours plus gros. Les « grands champs de poudre » sont plutôt courts par rapport à ce que l’on peut trouver dans nos contrées car la forêt monte très haut en altitude et la configuration du massif est totalement différente.

Lors de notre séjour, les conditions de neige n’étaient pas exceptionnelles. Le vent avait bien compacté le manteau aux endroits exposés et ce n’était pas non plus un hiver d’anthologie pour la région. Par contre le beau temps et le froid étaient bien au rendez vous. L’avantage était aussi que le risque d’avalanche était moindre. Il est vrai que les locaux sortent la plupart du temps que lorsqu’il vient de tomber un gros cumul. Nous, nous n’en demandons pas tant, plus habitués à des hivers parfois difficiles sous nos latitudes, du coup Thibaud s’est fait le luxe de sauter une grosse barre qui est sans doute restée la plus grosse pendant tout notre séjour.

Difficile de comparer ce qui n’est pas comparable, mais pour les Etats Unis, Jackson Hole est une grande station cependant elle reste bien en deçà des domaines Alpins au niveau de la variété des runs car tout part au sommet d’une remontée mécanique. Il faut donc marcher de plus en plus au fil des jours pour trouver de la neige vierge, ou alors il faut chercher des lignes de chamois que personne ne ride ou presque…

Attention justement à ne pas se retrouver sur des passages infranchissables car le relief « en escalier » jusqu’à la plaine offre de nombreuses cassures et des passages assez escarpés.

A noter que pour trouver des variantes il est aussi possible de skier dans la station de Grand Targhee pas très loin de Jackson Hole. Beaucoup plus petite mais aussi plus « roots » elle a une très bonne réputation pour le hors piste.

 

Pour un américain, venir juste à Jackson Hole pour skier est monnaie courante, pour un européen ayant fait la traversée transatlantique il serait dommage d’être si proche et de passer à côté du fameux parc de Yellowstone. Surtout en hiver !

Yellowstone est le premier parc national crée aux Etats Unis, c’est aussi l’un des plus fréquentés et le deuxième plus grand après celui d’Alalska. En fait, Yellowstone est un immense volcan dont le cratère s’est effondré après une éruption gigantesque et qui a formé la « caldeira » sur laquelle on se promène. Plusieurs rivières creusent ce socle et sont à l’origine des canyons et des nombreuses cascades et c’est la proximité de la lave qui offre cette énorme activité géothermique. L’eau s’engouffre dans des failles puis ressort chauffée sous forme de Geysers, de sources chaudes et de vapeur. Elle se charge en minéraux et par sa chaleur elle abrite des colonies de bactéries thermophiles et acidophiles qui donnent ces couleurs splendides aux parois des sources et aux rivières.

 

Une petite partie du parc se trouve sur l'Idaho et le Montana. En hiver, seule la route du nord est ouverte à la circulation. Il faut donc aller dans le Montana jusqu'à Gardiner ou Cooke city pour entrer dans le parc. Les autres routes ne sont pas déneigées. La partie Nord du parc est la moins intéressante car elle ne possède pas trop de zones géothermiques, par contre elle est propice à observer la faune (coyotes, loups, cerfs, élans, bisons, wapitis, pygargues, grizzlis, etc) Le parc contient de nombreuses sources chaudes dont les deux tiers des geysers de la planète. Pour cela il faut prendre l’accès Ouest et les seuls moyens de locomotion sont les motoneiges et les véhicules à chenillettes : les autoneiges. Il faut bien entendu prendre un guide et respecter les consignes de sécurité car les rangers ici mettent facilement des amendes et les règles sont strictes notamment pour l’approche de la faune (80 m pour les animaux dangereux et 20 pour les autres ) mais aussi la vitesse dans le parc limité à 70 km/h car les collisions avec les animaux sont fréquentes.

Yellowstone est aussi très réputé pour ses loups. Il y a plusieurs meutes distinctes dans la zone du parc mais aussi des meutes étrangères qui le traverse de temps à autre ou qui viennent y chasser car les proies sont nombreuses. Il n’est pas rare de voir des troupeaux de wapitis aux abords des habitations qui viennent se protéger des loups.

Certains loups sont munis d’émetteurs pour pouvoir plus facilement être localisés et étudiés. Seuls les Park Rangers et les scientifiques ont les récepteurs mais des petits malins en possèdent aussi… Il suffit alors de voir les regroupements de personnes, armés de lourds téléobjectifs en train de scruter ou d’attendre le passage des loups pour avoir une chance d’en observer. Par chance justement, des loups avaient laissé une carcasse de wapiti tué dans la nuit, non loin de la rivière. Il suffisait d’attendre à proximité pour les voir revenir finir le repas. Très belle rencontre avec les maîtres des lieux d’autant plus que ces loups venaient du Canada et n’étaient pas encore répertoriés !

Mais Yellowstone c’est aussi et surtout les fameux geysers (près de 300) dont le célèbre Old Faithfull très régulier qui jaillit toutes les 90 min. Il faut être clair, c’est l’endroit phare du parc et sur fréquenté par les touristes. Il y a bien entendu des zones plus difficiles d’accès qui nécessitent de longues heures de motoneige, comme par exemple les Lower Falls, des cascades de plus de 90m de haut de la rivière Yellowstone qui creuse sont lit de plus en plus profondément dans le socle basaltique mais aussi les bassins aux couleurs multicolores comme le Grand Prismatic Spring. L’eau y est bouillonnante et le spectacle grandiose. Il n’est pas rare non plus en hiver de croiser d’énormes troupeaux de bisons sur les routes car il est plus facile pour eux de se déplacer sur la neige tassée que dans la neige profonde. Mise à part qu’ils ressemblent à de gros taureaux, il faut s’en méfier car malgré leur placidité apparente ce sont des animaux sauvages qui peuvent courir à plus de 70 km/h en très peu de temps ! Les plus gros pèsent plus d’une tonne. C’est d’ailleurs eux qui provoquent le plus d’accidents graves voir mortels dans les parcs américains. Comme ils sont très nombreux à Yellowstone il faut rester sur ses gardes.

 

Attention autre danger, il y fait froid ! La température moyenne en Janvier est de -12°C et la nuit il n’est pas rare de voir descendre le thermomètre à -30 °C. Le record absolu est de -53°C… ce qui semble presque normal, puisque l’altitude moyenne du parc est de 2400m. Il faut bien se couvrir en motoneige car la vitesse augmente encore la sensation de froid.

Ce froid ambiant couvre les bisons de givre et augmente l’ampleur des fumerolles ainsi que la visibilité de la faune, mais l’autonomie est moindre qu’en période estivale à cause de l’impossibilité d’utiliser son véhicule sur les routes volontairement non déneigées. Il y a un vœux de protection et de gestion des flux de touristes de la part des administrateurs du parc mais aussi un business intéressant pour la entreprises locales de guides et de location de motoneiges car pourquoi la route du nord moins intéressante est déneigée mais pas les autres qui donnent accès aux grands sites géothermiques ?

 

 

 
































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             Stéphane Godin Photographe                      

 

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