NOUVELLE ZELANDE : Des Alpes au bout du monde

La Nouvelle Zélande ce n’est pas que le Rugby, les moutons et les paysages grandioses. C’est aussi 30 heures de trajet, 10 heures de décalage horaire, les saisons inversées, la conduite à gauche, l’hémisphère sud, une île… Bref, si la France c’est le yin la Nouvelle Zélande c’est le yang.

Et pourtant ces deux pays ont un point commun et pas des moindres : Les Alpes.

Pendant que le soleil d’août brille de mille feux sur nos Alpes Européennes de l’autre coté de la terre, d’autres Alpes toutes blanches n’attendent que nos spatules. Visite guidée.

 

La Nouvelle Zélande est séparée en 2 grandes îles, l’Ile du Nord au climat subtropical, proche de l’Australie est aussi la plus peuplée. L’île du sud, plus montagneuse et plus sauvage, bénéficie d’un climat tempéré. L’enneigement y est régulier et assez abondant pour peu que l’on prenne de l’altitude. C’est elle l’objet de notre convoitise.

Elle s’étend sur près de 700 km. Les paysages traversés sont à couper le souffle. De multiples parcs nationaux protègent une nature sauvage et préservée. Le point culminant de l’île et du pays, le Mont Cook domine de ses 3770m les « Southern Alps » petites sœurs de nos Alpes françaises.

Une très riche végétation principalement sur la côte ouest et au sud forme les forêts pluviales où pousse l’emblème du pays, la fougère arborescente. Des fjords, des plages désertes ou viennent s’allonger les lions de mers et plusieurs espèces de pingouins, des hauts plateaux, des plaines, d’immenses lacs, de profondes vallées, bref, une variété étonnante de lieux à quelques encablures les uns des autres. Un réel paradis au milieu du Pacifique Sud.

 

Pour le ski le choix est varié, ce n’est certes pas notre diversité de stations alpines mais il existe une multitude de façon de profiter de la neige. Les principales « vraies » stations sont situées autour de Wanaka et de Queenstown. Plus au nord du pays et disséminés un peu partout en dehors des parcs nationaux on trouve les « Clubs Fields » qui ne sont que de simples remontées mécaniques privées, composées d’une corde tournant en boucle et à laquelle on s’accroche pour monter. L’accès se fait par une route terreuse plus ou moins carrossable suivant l’enneigement et le reste se fait à pied jusqu’au refuge. Une bonne heure de marche parfois…Vous l’aurez compris, pas la peine d’y chercher le confort d’une station européenne, ni des pistes tracées et entretenues. C’est « roots » et c’est sympa.

Les stations « à la mode de chez nous » se comptent sur les doigts de la main. Les principales sont Cardrona, Mont Hutt, The Remarkables, Treble Cone et Coronet Peak. On s’est contenté, des 3 dernières. Il faut dire que cet été fut assez catastrophique au niveau enneigement. Pas la peine donc de râper les semelles sur les cailloux des moins intéressantes. The Remarkables est la plus proche de Queenstown. C’est la meilleure au niveau freeride, et la plus haute (1620-1943m). Il y a de vrai runs à faire moyennant un peu de grimpette car les remontées ne donnent qu’un petit 400m de dénivelé. Des couloirs, des barres rocheuses des lignes engagées et la liberté d’aller où on veut. Beaucoup moins de chance de se faire déchirer son forfait par les « ski-patrols » qu’à Trebble Cone. Là-bas les zones freeride sont ouvertes au fur et à mesure par les pisteurs. Interdiction totale de franchir la ligne blanche ! Du coup, dès l’ouverture d’un secteur, c’est plusieurs dizaines de riders qui montent de manière anarchique sur la face. En quelques instants tout est tracé.

Coronet Peak apparaît comme étant la plus familiale, elle convient parfaitement pour skier sur piste, d’ailleurs c’est la seule station avec un accès totalement goudronné jusqu’au parking. La face skiable est parsemée de remontées ce qui donne un avantage aux adeptes du backcountry. Rien de tel qu’un kick taillé sur le relief vallonné du terrain avec survol et vue imprenable sur le lac Wakatipu.

Mais bon qu’à cela ne tienne, aucune d’entres elles ne parvient à rivaliser avec nos stations même les plus modestes. En général les remontées mécaniques sont peu nombreuses souvent vieillottes et les domaines skiables assez restreints. De plus il ne faut pas compter sur les logements sur place. On trouve tout au plus de quoi se restaurer. Pour le reste il faut retourner en ville et remonter le lendemain. Bref on a assez vite fait le tour en somme surtout quand l’enneigement n’est pas à son meilleur niveau comme il le fut cette saison.

 

Il est vrai que pour bien appréhender la grandeur sauvage de la Nouvelle Zélande et skier au cœur de ses plus hauts massifs, il ne reste que l’hélicoptère. D’ailleurs dans les villes les compagnies sont légions. Les offres pullulent : déposes ski, survols touristiques des parcs nationaux, atterrissages en avion sur les principaux glaciers, découverte des sites de tournage du « Seigneur des Anneaux » bref tout est bon pour prendre de l’altitude.

Les sites de déposes sont nombreux et variées. Les compagnies jonglent ainsi entre plusieurs régions en fonction de l’enneigement et surtout de la météo. Ainsi il est tout à fait possible de faire des déposes au Mont Cook en partant de Wanaka ou Queenstown et inversement, de partir d’Aoraki/Mont Cook pour skier dans les « Harris Mountains » ou autour du Mont Aspiring. Seul bémol, les déposes sont interdites au cœur des parcs nationaux, ne sont exploitables que les zones périphériques. Ce qui laisse malgré tout un choix pléthorique de lignes, classées par exposition et par difficulté. Les débutants y trouvent ainsi un terrain de jeux adapté à leur niveau. Pour les choses plus sérieuses, il suffit de demander. Les guides professionnels gèrent tout ceci à la perfection.

Les compagnies dédiées à l’héliski (HMH, SLH, Backcountry Helicopter, Alpins Guide etc.) offrent à peu près les mêmes services. Pour exemple HMH embrasse une superficie de 3000 km²sur 7 massifs. Plus de 200 sommets sont répertoriés sur sa carte de dépose ce qui ouvrent environ 400 runs différents. Autant dire que l’on peut choisir son exposition, sa face, sa difficulté, son cadre, bref c’est du ski à la carte. La dénivelée moyenne d’une ligne est d’environ 800m. Les plus longues font 1200m et les plus courtes environ 600. Cela varie bien sur en fonction de l’enneigement. Rien ne sert de descendre trop bas pour se retrouver sur de la neige transformée ou peu abondante.

Le prix est un caractère déterminant c’est pourquoi il existe plusieurs formules mais l’ordre d’idée est d’environ 700 NZD (400 €) pour 3 déposes et jusqu'à 950 NZD (540€) pour 7. La dépose supplémentaire est d’environ 85 NZD (50 €). Les prix sont par personne, repas du midi et matériel de sécurité et de recherche en avalanche compris. Bien sur un ou plusieurs guides sont inclus et généralement se sont eux qui choisissent les sites de dépose grâce à leur expérience, à leur connaissance du terrain et des conditions météos. Cependant tout est négociable et si l’on veut sortir des sentiers battus, il n’y a qu’à discuter. On peut ainsi louer un hélico sur un minimum de 3 h. Le temps est décompté dès que le rotor est en marche. Les tarifs sont réellement négociables mais la base est d’environ 5500 €, pilote et 1 guides pour 4 personnes compris. Les hélicos sont de type Ecureuil ce qui permet de monter à 4 skieurs, le prix est donc à partager entres les personnes. C’est l’option ultime pour une liberté totale. Repérage des faces, dépose, disponibilité du pilote, bref le rêve !

La saison héliski s’étend du 1erjuillet au 30 septembre mais l’idéal pour la poudreuse est juillet-août Le temps change vite avec ce climat maritime tempéré. Il faut donc prendre une marge de 4 à 5 jours pour faire une dépose. Apres réservation, la compagnie vérifie la météo et vous contacte la veille pour le lendemain. Il faut donc être réceptif et en pas craindre de laisser passer plusieurs journées jusqu’aux conditions idéales.

Ici pas la peine de rechercher du ski dans les sapins, il est assez rare qu’il neige en vallée, la plupart des déposes se font en zone glacière, pas étonnant sachant qu’on trouve parfois de magnifiques séracs à 1500m d’altitude. Les sommets des déposes sont aux alentours de 2000/2500m ce qui correspond à environ 3500m en France toutes proportions gardées. Une végétation persistance monte jusqu'à mis pente puis vient le domaine de la neige et de la glace. Certains glaciers tels celui du Franz Jozef ou du Fox descendent quasiment jusqu'à l’océan. C’est cette caractéristique qui donne aux sommets d’altitude modeste ce caractère haut montagnard d’une beauté éblouissante.

 

Il est aussi possible d’appréhender la montagne d’une manière plus tranquille mais pas moins sportive pour autant.Snow Farm est unestation entièrementconsacrée au ski de fond.Située le long de la vallée de Cardrona, à 35 km de Wanaka et 55 de Queenstown, c’est sans doute une des meilleures de tout l’hémisphère sud. La route goudronnée laisse vite sa place à un sentier de terre d’une bonne dizaine de km qui arrive alors sur un immense plateau de 1500m d’altitude, entouré de sommets abrupts offrant un panorama magnifique et unique. L’aspect général se rapproche justement du Ranch à l’américaine avec des pistes entourées de barrières bois type Corral. Elles sont très bien entretenues et de distances variées. Tout le matériel nécessaire pour pousser sur les bâtons peut se louer sur place et on peut même y prendre des cours et se loger.

Sur le même spot, à quelques encablures près, le fameux Snowpark bien connu de tous les freestyleurs du monde entier. Des lignes de kickers, des half-pipes, des rails, bref un snowpark géant totalement isolé des autres type de glisse. Une remontée mécanique qui dessert l’ensemble des modules et le tour est joué, vous avez un des meilleur park du monde…

 

 
































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             Stéphane Godin Photographe                      

 

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