MASSIF DU JURA : Un panorama exceptionnel !

Au coeur des montagnes du Jura , 3 stations dans 3 départements se partagent les longues crêtes enneigées surplombant le lac Léman et les hauts plateaux. Un balcon unique et un panorama exceptionnel sur la chaîne des Alpes. Ambiance grand nord pour une montagne vivante à taille humaine. Entre forêts denses et crêtes dégagées, nous avons fait la première trace, suivez la!

 

Venir skier dans le Jura, c'est une idée, une bonne idée même. Venir y faire du free-ride c'est un peu saugrenu non? Qu'y a t-il donc à rider pour valoir le déplacement et surtout où rider???

Pas de panique! Même si le domaine nordique jurassien, le plus grand d'Europe, est le symbole fort du massif, il occulte par sa réputation le domaine alpin. Et pourtant « Les Montagnes du Jura » c'est 3 domaines skiables sur trois départements et deux pays:

Du nord au sud on trouve Métabief-mont d'or dans le Doubs puis Les Rousses « haut jura » dans le Jura, avec un domaine skiable relié à celui du massif de la Dôle en Suisse et enfin les Monts Jura dans l'Ain avec Lelex-Crozets et Mijoux-la Faucille.

Il est vrai que les Alpes toutes proches attirent la plupart de la clientèle alpine. On vient rarement dans le Jura pour faire du ski de descente et pourtant, avec un point culminant à 1718 m au Crêt de la neige, la chaîne du Jura d'une altitude modeste, bénéficie d'un bon enneigement. Il y fait froid, voire très froid, Mouthe par exemple détient des records, jusqu'à -41°c! Inutile de dire que la neige tient, et longtemps.

Les précipitations sont assez nombreuses et assurent un manteau neigeux régulier très bien protégé au coeur des grandes forêts de conifères. Ce n'est donc pas un hasard si l'on surnomme parfois le Jura « la petite Sibérie ». Parfait pour le ski tout ça!

 

Esthétiquement parlant c'est très beau. La topographie du massif offre un balcon unique sur toute la chaîne des Alpes, sur le lac Léman et le bassin Genevois. Le Mont-Blanc ressort majestueusement de ce panorama exceptionnel. La nature est sauvage et préservée avec d'immenses forêts de sapins jusqu'à haute altitude, des grandes combes, des pré-bois puis des crêtes dégagées, tout ceci dans une ambiance très nordique qui n'a rien à envier à celles rencontrées en scandinavie ou au Québec.

 

Pas de miracle par contre au niveau dénivelé, les faces à skier ne sont ni gigantesques ni très engagées. On trouve cependant de belles pistes assez raides en station mais relativement courtes. Attention à l'envers des crêtes, côté Suisse. Il y a de fortes pentes et parfois de très grosses barres rocheuses infranchissables comme au sommet du Mont d'or sur Métabief ou encore sur La Faucille. Mais le ski se fait principalement au coeur des résineux dans ces magnifiques forêts d'épicéas et de sapins pectinés ou sur quelques parties dégagées, en clairières ou sur le haut des crêtes. L'accès demande un peu de marche depuis les remontées mécaniques voire en ski de randonnée pour les crêtes les plus éloignées. Il est assez rare de rencontrer du monde en hors piste à part quelques locaux et quelques chamois. Ce n'est donc pas vraiment la course à la première trace sauf parfois aux abords directs des pistes, après une chutte de neige. La montée donne presque autant de plaisir que la descente tant il est agréable de parcourir le parc naturel régional. La faune locale est très riche, et avec un peu de chance on peut voir des traces de lynx ou de grand tétra. Le silence est tout de suite présent. Aucune grosse activité humaines aux alentours. On se retrouve vite dans une nature réellement sauvage. Prendre son temps, ne pas se battre pour la trace. Savourer la montée puis re-savourer la descente, voilà l'esprit du massif. Un ski « à la cool ». La frime vient loin derrière le plaisir et finalement ils sont légions tous ces gens qui recherchent un ski calme et bon enfant où se montrer avec le matériel dernier cri n'est pas un critère très important.

Dans ce contexte on trouve tout naturellement des télémarkeurs. Même de très bons comme Erwan ancien membre de l'équipe de France. Cette idée de la glisse colle parfaitement aux inconditionnels des génuflexions. Ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à le pratiquer dans le massif et la demande en leçons ne cesse de croitre. Ce qui est un juste retour des choses car c'est par le Jura que cette pratique fut introduite en France. L'avantage du télémark est indéniable dans ce relief très proche finalement de celui rencontré dans la région de Télémark en Norvège où la pratique est née. Il suffit simplement de coller les peaux de phoques sous les skis pour se déplacer facilement sur les crêtes, accéder aux meilleurs runs et en revenir aisement tout en restant dans « l'esprit » du massif.

 

Le Jura est une montagne habitée. Les gens y vivent à l'année. On peut donc y venir quand on veut. La neige est généralement présente de début décembre à fin avril selon les années. Pas de très grosses villes proches des remontées, mais beaucoup de petits villages voir des fermes isolées et de nombreux refuges. Le climat et le pays forgent les habitants. Un caractère certain s'en dégage et comme le côté chaleureux et bon vivant prime avant tout, on fini toujours par faire honneur à la gastronomie locale! Fondue au Comté, Cancoillote ou Mont d'or chaud, saucisses de Morteau, Morbiflette, coq au vin jaune etc, toute une ribambelle de plats et de vins qui respirent le terroir. Une petite bouteille de Savagnin ou de Chardonnay pour faire descendre tout ça, assis à la table d'une vieille ferme comtoise et vous voilà le plus heureux des Hommes!

 

Il n'y a pas vraiment de hors piste spécifique à présenter. Vu la configuration du terrain, deux possibilités s'offrent à vous, la première consiste à prendre les remontées puis s'écarter des pistes et skier sur le même versant et retomber sur la station avec parfois un peu de marche. C'est ce que l'on peut faire sur Métabief par exemple ou les Monts Jura. La seconde revient à basculer sur l'envers des crêtes sur les versants suisses mais dans ce cas il faut remonter à pied pour retrouver le domaine ou laisser un second véhicule si c'est possible. On trouve de beaux itinéraires sur l'envers de la Dôle depuis le sommet (1678m) ou juste à côté, au dessus du téléski de Cuvaloup.

Au niveau randonnée pure, citons le crêt de la neige, le point culminant de la chaîne du Jura. Il y a plusieurs itinéraires, mais depuis les Rousses, il faut suivre la direction de Lélex puis Bellegarde. Le départ se fait au lieu dit "Les Rivières". Prendre le chemin qui longe la maison puis suivre ce qui en été est un chemin carrossable. Une fois atteint le replat suivre le GR (indication panneau), sortir de la forêt puis suivre la combe qui mène à un petit chalet d'alpage. De là suivre les crêtes sur la gauche, le sommet (1718m) n'est qu'à quelques encablures. La descente se fait par le même itinéraire avec une belle partie dans la combe principale. Skis de randonnée conseillés.

 
































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             Stéphane Godin Photographe                      

 

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