ITALIE: San Martino di Castrozza

 

ITALIE: San Martino di Castrozza (ski freeride)

 

Quand les Dolomites prennent toute la neige des Alpes.

Début Février et toujours pas de bonnes conditions en France. La dernière chute de neige date un peu et il faut aller chercher la poudreuse là où elle se trouve. Apparemment, les Dolomites sont plus que gâtées. Les cumuls sont spectaculaires et les perturbations s'enchainent sans répit. C'est LE spot du moment. Thibaud descend le premier avec Laurent le cameraman pour nous donner un état des lieux. Le verdict est sans appel, c'est le gavage ! Il neige en quantité, sans accalmie mais l'envers de la médaille c'est que pour le coup, toutes les stations sont fermées... Trop de danger pour l'instant. Rien ne s'est stabilisé sur le haut et la mise en route des remontées n'est pas possible. On mise sur le fait que ça va bien se calmer et que tout va ouvrir. Et puis et de toute façon il y aura bien un tronçon ou deux d'ouverts sur le bas pour le ski de forêt. Je pars donc les rejoindre. Richard qui court une épreuve du freeride world tour en Autriche arrive le lendemain, et Phil lui, vient directement de Verbier.

On se dit que ce spot est petit, pas trop connu et qu'on va être super tranquilles. Manque de chance, on croise un grand nombre de riders qui sont venus de partout à la recherche de la neige et qui on eut la même idée que nous. Sam FAVRET, Henrik WINSTED et leurs “crew” respectifs ainsi qu'un peu de locaux. Aie ça va faire du monde tout ça mais il faut dire que c'est la plus belle chute dans les Alpes et même en Europe et puis le bouche à oreille fonctionne bien et les infos circulent vites sur les réseaux sociaux...

 

Ce petit spot est une station bien connue depuis le 19e siècle. A cette époque les classes supérieurs venaient de toute l’Europe passer un séjour en profitant du paysage unique. La ville est entourée par la foret et dominée par «Pale di San Martino», une incroyable chaîne de montagne avec des pics de forme étrange. C’est ici que sont apparues les premières télécabines de 1936. La station elle se situe à 1450m

d'altitude au sud de l’'espace Dolomiti Superski avec des pistes sur 60 Km, et des altitudes de 1 404 à 2 357 m.

Ce n'est pas la porte à côté depuis la France. Il faut compter environ 8h de voiture et traverser tout le nord de l'Italie jusqu'à Vérone et monter ensuite dans les Dolomites. L’aéroport de Venise n'est qu'à 1h30 heure de route pour ceux qui veulent prendre l'avion. Bref il faut être motivé et en manque de neige fraiche pour faire le voyage, d'autant plus que le domaine n'est ouvert que partiellement à cause des trop gros cumuls. Le col “Passo Role” est fermé. Seul le bas du domaine en pleine forêt est ouvert avec le tronçon du télécabine de tognola. C'est un peu juste quand même mais la qualité de la neige fait oublier ce détail. C'est tout simplement l'orgie. Il neige régulièrement et les traces de la veille sont recouvertes le lendemain. Il n'y a pas de sous-couche dure, et en cas de chute il et parfois très difficile de se relever. On s'enfonce profondément sans couche solide pour s'appuyer et s'aider à se redresser. Les runs dans les sapins sont assez ouverts et dégagés surtout sur le haut, avec des petits tronçons raides et courts et quelques pillow. Pour les parties basses c'est tout simplement du ski de forêt typique. On rejoint systématiquement la même télécabine après chaque descente et on remonte car il suffit de se décaler un peu de sa trace pour retrouver une autre ligne vierge pour la rotation suivante et enchaîner toute la journée les runs...

 

Le première journée se passe super bien. Il neige abondemment. On est encore les seuls ou presque à faire des rotations. La neige fraiche est de bonne qualité, on dirait presque de la “champagne pow” tant elle est fine et légère. On enfonce un bâton en entier sans toucher de sous couche dure ! Les souches et les branches sont bien recouvertes et ce gros matelas permet de se lâcher.

On se dit que ça va se calmer, que demain le soleil va arriver et que le haut va ouvrir avec l'arrivée de Richard et de Phil. On aimerait bien aussi voir les belles faces lisses et droites si caractéristiques des Dolomites...

Pas de bol, le lendemain c'est la même chose. Il a neigé toute la nuit et nos traces de la veilles sont recouvertes. La journée recommence par temps gris et sous la neige. Un beau jour blanc quoi...

On retourne sur Tognola, la seule remontée ouverte. Bah de toute façon c'est pareil dans tout le coin. A Cortina D'empezzo tout est fermé aussi. Rien ne sert donc d'aller chercher le soleil ailleurs. On reste dans la forêt et on garde espoir de voir quelques éclaircis et d'entendre le déclenchement des avalanches sur le haut du domaine. Mais non. Un beau silence et de la neige qui tombe de façon intermittente mais copieusement.

La forêt c'est bien mais on rêve de voir les faces plâtrées de blanc et les magnifiques paysages de cette partie des Alpes. Parfois ça s'ouvre un tout petit peu et on distingue des pics qui semblent très hauts, totalement verticaux et inaccessibles. C'est souvent comme ça quand on reste dans la brume. Tout semble plat et on perd la notion d'altitude et de relief. Tout devient aussi magique et majestueux quand ça s'ouvre.

On remet ça le troisième jour. Tout le beau monde est là. Les riders arrivent les uns après les autres. On se croise dans le petit resto d'altitude et dans les cabines. C'est sympa, l’ambiance est bonne et cette poudreuse mets carrément le sourire aux lèvres de tout le monde. C'est fou ce qu'un peu de neige peut rendre heureux !

 

Il faut en profiter car la météo change un peu et la température monte sensiblement. Il y a un redoux. La neige devient très lourde et avec plus de 3 m de cumul ça devient assez vite difficile à skier. il faut dire que l’altitude de la portion ouverte n'est pas très élevée. La limite pluie neige oscille au niveau du bas de la station. On espère que la haut va enfin se dégager et que le domaine va ouvrir dans sa totalité mais on ne dirait pas. En tout cas ça ne semble pas prévu. Là on cogite. On bouge ou pas ? Mais si oui, on va ou ? Cortina ? On attend encore un jour ou deux ici que ça ouvre ? Bref les éternelles questions de la “chasse aux condices” quoi.

Finalement, on regarde les prévisions, on se renseigne aussi mais il faut attendre trop longtemps, et puis d'autres impératifs tiennent tout le monde. On plie donc bagage avec un zeste de frustration mais avec la besace pleine d'images et un grand sourire de plaisir. C'est là qu'il fallait être pour avoir de la neige et on y était.

 




















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             Stéphane Godin Photographe                      

 

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