GRECE : Ski au royaume des dieux

Plus connue pour son patrimoine et sa culture antique, la Grèce est aussi un pays très montagneux avec des sommets à plus de 2500m. Les îles méditerranéennes dont la beauté est à couper le souffle en sont le principal attrait touristique. En hiver, c’est une destination plus connue pour la douceur de son climat que pour ses domaines skiables. Pourtant le pays possède un potentiel de glisse insoupçonné et peu exploité. Un pari qui peut sembler risqué de venir y chercher la neige mais en contre partie la certitude d’un voyage riche et dépaysant tant au niveau que culturel qu’esthétique.

 

Plus de 80% de la Grèce est composée de montagnes. Le mont Olympe en est le point culminant avec ses 2917m. Derrière ce nom se cache tout le Mythe grec puisqu’il est traditionnellement la demeure des Dieux. Zeus y assurait sa souveraineté. Il était interdit et craint des mortels est ce n’est qu’en 1913 que la première ascension connue fut référencé. Malgré son passé prestigieux ce n’est pas le meilleur lieu pour skier. Il y a deux remontées mécaniques réservées à l’armée ou accessibles par demande de dérogation. L’accès au sommet se fait ensuite à pied ou en ski de randonnée.

Pour trouver des stations plus conventionnelles, notre choix s’est porté sur le mont Parnasse. Situé en Grèce centrale c’est un sommet de 2458m. À deux heures d’Athènes en voiture, et à proximité des hauts lieux antiques comme Delphes, les stations de Kellaria(1750m) et Fterolakas(1950m) sont parmi les plus réputées de Grèce. On y trouve une dizaine de remontées mécaniques et c’est sans doute le spot au potentiel « freeride » le plus élevé du pays. C’est aussi le lieu branché et à la mode en hiver, car les Grecs s’adonnent de plus en plus aux sports de glisse et les stations du Mont Parnasse sont les plus rapidement accessibles depuis la capitale. Sachant qu’un tiers des grecs habitent Athènes cela représente un potentiel non négligeable pour l’essor de la station.

 

Ici comme dans bien d’autres lieux il y a un récit mythologique. Le mont Parnasse est sacré. Selon la tradition grecque c’est sur lui que se serait réfugié Deucalionavec sa femme Pyrrha. C’est un des seuls mortels qui survécut au déluge. Ils reçoivent avec Pyrrha l'ordre de l'oraclede Thémis de jeter derrière eux les os de leur grand-mère afin de repeupler la terre. Comprenant qu'il s'agissait de Gaïa dont les pierres sont les os, ils ramassèrent des pierres et les jetèrent derrière eux : celles que jetait Deucalion se changèrent en hommes ; et celles que jetait Pyrrha, en femmes. C’est donc à partir du sommet du mont Parnasse que la terre fut repeuplée après le Déluge. Pourtant l’arche de Noé se serait posée au sommet du mont Ararat en Turquie. Difficile de connaître le fin mot de l’histoire… Toujours est-il que dans des temps plus proches de nous, le sommet est bien à l’origine du nom donné au quartier de Montparnasse à Paris et à sa gare.

Le fait de skier sur des montagnes mythiques apporte une petite touche d’irrationnel et de respect, c’est indéniable. Du sommet des remontées vers 2200m ont voit la mer et l’île du Péloponnèse. Il faut le dire, le coin est assez magique. À basse altitude Le mont Parnasse est couvert d’oliviers et de cyprès. Plus haut ce sont des pins et ensuite la neige. Il venait d’en tomber un bon mètre avant notre arrivée, mais le vent l’a compactée. Selon les locaux, la saison fut difficile comme dans le reste de l’Europe. Une sous couche pratiquement inexistante contrairement aux autres années ne favorisait pas un ski de qualité. La tempête neigeuse fut donc la bienvenue.

C’est donc logiquement en face nord et dans les endroits abrités du vent que nous avons trouvé de la poudreuse. Il nous a fallu marcher un peu à partir du sommet des pistes pour trouver de la pente. En cas de bon enneigement, il y a de belles lignes à skier. Nous nous sommes contentés que des parties supérieures des runs sans pouvoir les continuer jusqu’en bas. Pourtant le potentiel est impressionnant en hors-piste. Certaines lignes descendent même bien en delà de la station, jusqu’au village de Kalyvia dans lequel ont peut trouver des hébergements. Encore plus bas c’est Arachova, magnifique village perché à quelques encablures de Delphes, la fameuse cité antique avec le temple d’apollon et son amphithéâtre. Le stade, et le gymnase sont des annexes du sanctuaire  et sont les lieux où se déroulent les célébrations dédiées au dieu et qui correspondent aux actuels Jeux olympiques. C’est très sympa de visiter tout ceci en après-ski ! D’autant plus qu’en hiver les tarifs sont plus que raisonnables. Là où en pleine saison les hôtels affichent les chambres à plus de 150 € la nuit on trouve des chambres doubles avec petit déjeuner pour 50€. Le forfait journée quant à lui est à 30 € en haute saison et 15 € en basse. Pour la nourriture les prix pratiqués dans les restaurent sont raisonnables et proches de chez nous. La plupart des menus sont en grec, anglais et français. On arrive à savoir ce que l’on mange !

On trouve aussi de quoi manger sur la station mais pas de logement sur place. Il y a environ 15 remontées sur le domaine skiable, dont une télécabine et plusieurs télésièges surKellariaetFterolakas confondus. C’est sur le haut de la route d’accès que la séparation entre les versants se fait. Kallaria étant le domaine le plus fréquenté. Les deux stations sont reliées et font partie du même domaine. L’un étant plus back country et forestier que l’autre. Le terrain de jeu est varié et ludique. De grands secteurs ouverts côtoient des lignes rocailleuses et raides. Le ski en forêt est possible sur le bas du domaine. Bon nombres de petits sommets sont accessibles à pied au delà des dernières remontées mécaniques.

La zone la plus abrupte étant la face nord du sommet du mont Parnasse. De grosses barres rocheuses verticales se succèdent et sont réservées aux grimpeurs et alpinistes. Des lignes sont possibles sur les côtés. La face sud étant exposée au soleil et au vent n’était pas exploitable vu le manque de neige.

Lors de notre séjour, seul le domaine de Kellaria était ouvert. Par manque de chance, une dameuse s’est fait prendre dans une avalanche, du coup impossible de damer et sécuriser le domaine de Fterolakas. En plus de ça s’ajoute qu’en dehors des vacances et des week-ends, il y a peu de monde sur les pistes et encore moins en hors piste car mis à part les locaux, les Grecs préconisent largement le secteur damé. Pas de quoi donc ouvrir tout le domaine, d’autant plus que la pression de la culture et de la demande en freeride n’est pas encore aussi développé que dans nos stations. Il serait d’ailleurs plus judicieux de parler de back country que de freeride au sens pur du terme. Selon les pisteurs il y a de quoi s’amuser mais vu les conditions difficiles nous n’avons pas eu l’opportunité de juger par nous même de tout le potentiel les skis aux pieds.

 

Venir en Grèce uniquement pour skier, c’est passer à côté de quelque chose de grandiose. Bien entendu les montagnes sont belles, mais il serait dommage de ne pas en profiter pour découvrir le pays. Aller visiter les îles des Cyclades nécessite de prendre le bateau et quand on a loué une voiture ce n’est pas si simple car c’est loin et il faut s’en donner le temps. À part ces joyaux de la méditerranée, il existe d’autres lieux exceptionnels. À seulement quelques heures de route au nord du Mont Parnasse, en Thessalie, au milieu des terres se trouvent les fameux monastères perchés des Météores. Connus et filmés dans un James Bond, ces monastères sont posés aux sommets d’énormes masses rocheuses grises sculptés par l’érosion. Leur accès ne se faisait qu’avec un système de palan et de treuils. C’est d’ailleurs ainsi que les moines ont montés les pierres et les matériaux de construction sur les promontoires rocheux. Un travail titanesque ! Les premiers datent du 13e siècle et servaient aux moines à se protéger des invasions turques et albanaises. Aujourd’hui il existe des ponts en pierres ou suspendus et 6 monastères sont encore en activités et habités. C’est un site classé au patrimoine mondial de L’UNESCO et il le mérite bien. Aux alentours on trouve bon nombre d’habitations troglodytiques. C’est un endroit de toute beauté, magique et intemporel qui vaut vraiment le détour.

Athènes est aussi une étape incontournable lors d’un passage en Grèce. L’acropole domine et surplombe la ville. C’est un lieu central de la culture grecque antique avec le célèbre Parthénon qui est un temple dédié à la déesse Athéna. On y trouve des traces archéologiques de vie de plus de 7000 ans. C’est ici le berceau de notre culture Greco romaine. La visite est payante et de nombreux monuments sont en restauration. Le site est assez grand et on peut y voir un amphithéâtre, divers temples, maisons et statues. La vue sur la ville est imprenable.

Un peu plus bas se trouve le célèbre port du Pirée, départ incontournable vers les îles voisines.

Na pas manquer également la relève des Evzones (membres la garde présidentielle) sur la place Syntagma. Le spectacle a quelque chose de folklorique et de désuet. Les Evzones sont affublés d’un beau costume et des chaussures à gros pompon dignes des costumes des Dupont et Dupond dans Tintin. Une relève tout ce qu’il y a des plus sérieuses a lieu plusieurs fois par jour avec une gestuelles très originale. Athènes est une ville riche et vivante avec de nombreux quartiers et un nombre important de monuments antiques.

 

En Grèce aucun lieu n’est à plus de 100 km de la mer. Les routes sont bonnes et larges et on trouve des sites historiques disséminés sur tout le territoire.

Il existe une quinzaine de stations de ski un peu partout dans le pays, de quoi se faire un beau petit road trip ski/découverte sur mesure !

 




















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             Stéphane Godin Photographe                      

 

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